Exposition « Les murs poètes »

C’est en 2016 que j’ai commencé à avoir une véritable passion pour les graffitis. En passant devant un mur à Niort, mon regard a été attiré par une inscription étonnante : « cette fiction est inspirée d’une histoire vraie ». Je suis retournée la voir plusieurs fois, en me demandant à chaque fois ce que venait faire cette inscription ici, sur le mur de l’hôpital. Elle n’est pas restée longtemps, puisque la façade est tombée quelques semaines après, et c’est à ce moment que j’ai pris conscience de la beauté du geste d’écrire sur le béton ou la pierre, geste éphémère, reflet d’un moment, d’un état d’âme, une certaine façon de briser les codes aussi, de s’offrir à la vue de tous. Depuis, je collecte les graffitis comme des œufs de Pâques : je les cherche partout, même dans les endroits les plus incongrus, et je rentre mon panier plein de mots et de citations, avec une certaine satisfaction, comme s’il s’agissait d’une chasse aux trésors au milieu de la ville. Depuis 2016, j’ai accumulé près de 800 photos de ces mots qu’on trouve au hasard des rues et des trottoirs. Quand je vais à Paris, je passe mes journées sur un vélib à vadrouiller au gré de mon inspiration pour les trouver. Il faut savoir observer, il faut aimer se laisser aller, et surtout, il faut se laisser surprendre, et c’est sûrement pour cette raison que je les aime tellement les graffitis. J’aime me raconter des histoires : pourquoi ce mot, là, tout de suite, sur ce mur, qui a pu l’écrire, pourquoi, qu’est-ce qui a poussé un parfait inconnu, à un moment donné, à s’offrir à la vue de tous, pour raconter l’instant, le moment présent, pour raconter sa rage, pour faire une déclaration que l’être aimé ne verra peut-être pas, ou tout simplement pour disperser de la poésie sur la grisaille de la ville. J’aime aussi comparer les techniques : certains utilisent le pochoir, par souci d’esthétique peut-être, d’autres mots sont fulgurants, écrits avec des fautes, ou très rapidement, pour échapper à quoi, à qui ? Les endroits aussi ne sont pas anodins : parfois une boite aux lettres est une page blanche, parfois un mur, un trottoir, un panneau signalétique. Dégradation de l’espace urbain ? Je ne pense pas. Mais chacun y voit ce qu’il souhaite.

Pour cette exposition, j’ai souhaité m’associer avec le graffeur Kévin Bidault, qui a réalisé ce graff, « Vos murs m’angoissent comme des pages blanches », que j’avais trouvé il y a quelques années écrit au pochoir, à Montmartre. C’était pour moi une façon de rendre hommage au lieu, à cette maison qui a du souffrir des pages blanches,et peut-être un peu de ses murs.

Je tenais à remercier Kévin, donc, mais aussi Michel Guyomard, et toute l’équipe du GFEN, qui ont souhaité amener l’art urbain à l’intérieur de cette maison

https://meskaj-graphisme.fr

Exposition visible du 13 juin au 31 août. Vous pouvez me contacter pour plus d’informations ou si vous souhaitez une visite guidée.

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